Il existe trois façons différentes
d'aborder l'élevage du golden retriever.
La première, la plus répandue, consiste à ne
sélectionner que des critères morphologiques, ce que
l'on nomme injustement des critères de beauté, pour
obtenir des chiens le plus conforme à l'interprétation
que chacun a du standard de la race. Cette sélection vise
à obtenir des champions de beauté et représente,
pour ses meilleurs éléments, la référence,
le but à atteindre en la matière. Encore faut-il évidemment,
éviter les dérives dans cette interprétation,
c'est pourquoi les clubs de race ont un rôle à jouer
pour donner des orientations claires. Par exemple, il faut combattre
l'hyper type, ou les modes, ou les sélections minimalistes
qui mettent en péril la diversité génétique,
synonyme de richesse dans une race.
La deuxième vision de la sélection du golden est pratiquement
marginale et ne s'intéresse qu'à des critères
comportementaux et d'utilité. Cette sélection permet
de mettre en valeur les meilleurs éléments en field
trials et working tests, qui constituent en la matière la
référence, le but à atteindre. Dans ce domaine,
la seule exigence est le résultat sur le terrain, et contrairement
à la première méthode de sélection,
celle-ci est réservée à des chiens de condition
sanitaire acceptable (tares héréditaires).
Enfin, la troisième démarche consiste à essayer
de rapprocher les deux domaines, le danger étant d'obtenir
des goldens " ni-ni " : ni très beaux, ni très
bons ! C'est pourquoi, les sélectionneurs adeptes de cette
formule partent d'un niveau d'excellence dans l'un ou l'autre domaine,
généralement la conformité au standard, et
essayent de progresser dans le second. Historiquement, on a vu très
peu de chiens issus de lignées de beauté capables
de concurrencer ceux issus de lignées de travail sur leur
propre terrain, les compétitions de niveau international.
Cette façon d'aborder la sélection se confronte vite
à une notion de " talonnement ". Il est assez courant
de voir des chiens très bien classés en expositions
devenir champions de travail à la française, mais
au-delà, c'est pratiquement le vide absolu. Il est important
de considérer le niveau moyen de ces chiens, et non tel ou
tel individu bien classé, qui serait l'arbre qui cache la
forêt, ou plutôt, l'oasis qui cache le désert.
Beaucoup d'éleveurs qui se désintéressaient
du travail convoitent à présent quelques résultats
dans ce domaine. Mais pour y arriver ils utilisent les possibilités
réduites existantes et n'offrent pas d'augmenter la diversité
génétique qui permettrait d'enrichir et d'améliorer
les hypothèses de sélection. En revanche, les éleveurs
animés d'une vraie ambition dans cette voie, sont amenés
à créer des " passerelles " entre les deux
types de sélection. Ils prennent un risque puisque le résultat
attendu n'est appréciable qu'à long terme. La première
portée ainsi obtenue ne saurait représenter un aboutissement,
mais pourrait être symbolisée par une marche que l'éleveur
accepterait de descendre pour mieux rebondir.
C'est un travail qui devrait être minutieux, pour ne pas obtenir
en fin de compte une dilution des qualités, mais ce n'est
qu'à ce prix, et en multipliant les expériences, qu'une
nette amélioration est possible, pour que cette sélection
se rapproche des buts à atteindre : l'excellence dans les
deux domaines. Elle offrirait, en outre, la solution idéale
pour les sélectionneurs de " goldens d'expo " qui
voudraient retrouver des qualités comportementales typiques,
et pour les sélectionneurs de " goldens de travail "
qui voudraient réinjecter du type dans leurs lignées.